Migrants : Une avocate niçoise menacée de mort

Menaces de mort reçues par une avocate niçoise.
Menaces de mort reçues par une avocate niçoise.

Le Conseil national des barreaux (CNB) et le Syndicat des avocats de France (SAF) demandent au parquet d’ouvrir une enquête pour identifier les auteurs de menaces de mort dont a été victime Me Mireille Damiano, une avocate niçoise intervenant notamment pour des mineurs refoulés à la frontière italienne et pour des « citoyens solidaires des migrants de la Vallée de la Roya ».

Lundi dernier, l’avocate a reçu un courrier anonyme contenant une photographie d’archive de la période nazie représentant une femme pendue avec un écriteau « J’ai accueilli un "migrant" » et un tract de la résistance portant la mention « où qu’ils soient, quoi qu’ils fassent, les traîtres seront châtiés » encadrée par une potence et précédée d’un ajout du corbeau « Le vent tourne et tel(le) qui se croit dans son bon droit risque de connaître un réveil douloureux ».

« La défense de tous, et plus particulièrement des plus vulnérables, indépendamment de toutes considérations d’ordre politique, religieux, philosophique [et] social constitue le devoir et l’honneur de tous les avocats », rappelle le CNB qui en appelle aux pouvoirs publics pour que les avocats puissent, comme le prévoient les principes de base adoptés par le 8e congrès des Nations Unies, « s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue […] ne fassent pas l’objet ni ne soient menacés de poursuites ou de sanctions économiques ou autres pour toutes mesures prises conformément à leurs obligations et normes professionnelles reconnues et à leur déontologie ».

Le CNB s’inquiète du climat que révèle cet « incident » et demande aux autorités de rappeler publiquement « la légitimité de l’action professionnelle des avocats et l’inconditionnalité de l’accès au conseil et à la défense » en ouvrant une enquête visant à identifier l’auteur de ces menaces.

Encartée au SAF, le syndicat s’est réuni samedi et a adopté une motion de soutien à l’unanimité dénonçant « avec force, cet acte abject et lâche qui vise à intimider la défense » et rappelant que la défense « des plus faibles, des migrants, des mineurs isolés, des personnes solidaires avec les plus faibles est un droit ».