Syndicats : Le budget de la justice mis en accusation

Le Syndicat de la magistrature (SM) et le Syndicat des avocats de France (SAF) organisent, du 14 au 25 mars 2016, un tribunal d'opinion dans plusieurs juridictions pour « dénoncer l'indigence du budget de la justice et alerter l'opinion publique sur la mise en danger de la justice ».

Pour les deux syndicats, alors que le besoin de justice n'a jamais été aussi grand « par l'effet notamment de choix économiques qui fragilisent les plus faibles et imposent un rapport de force violent », le budget de la justice en France demeure l'un des plus faible d'Europe, au 37e rang sur 45 pays, selon l'étude pour l'année 2012 de la CEPEJ (Commission européenne pour l'efficacité de la justice du Conseil de l'Europe), juste derrière l'Azerbaïdjan.

Ce tribunal d'opinionÀ Créteil, 14 mars 2016 à 15h00, palais de justice de Créteil, salle d'audience F ; à Besançon, 14 mars à 20h00, maison de l'avocat de Besançon, 44 grand'rue ; à Toulouse, 15 mars à 18h30, palais de justice de Toulouse, salle d'audience n° 1 ; à Montpellier, 16 mars à 12h00, maison des avocats de Montpellier, 14 rue Marcel de Serres, à Lille, 23 mars à 17h00, palais de justice de Lille, avenue du peuple belge et auHavre, 25 mars à 15h00, palais de justice du Havre. devrait permettre, selon les deux organisations marquées à gauche, de mettre en scène « le procès de l'État comme responsable de la mise en danger de la justice » qu'ils entendent dénoncer. Il s'agira, explique le communiqué, d'une véritable audience pénale avec un acte de mise en accusation, un président, des juges, la parole donnée à la défense et à l'accusation, des auditions de témoins et d'experts.

Mais il devrait aussi être l'occasion, est-il souligné, grâce à des témoignages de justiciables, d'associations d'usagers du service public de la justice, d'experts, des représentants des professionnels de la justice (fonctionnaires, magistrats et avocats), « d'alerter l'opinion publique sur la mise en péril des capacités de l'institution judiciaire à remplir ses missions [...] sur la maltraitance qui en résulte pour les justiciables, notamment les plus vulnérables, qui voient leurs droits sans cesse érodés ».