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Théâtre : On ne couche pas aux enterrements

Par Alfredo Allegra | LEXTIMES.FR |
On ne couche pas aux enterrements, au studio Hébertot. Photo  David Twist. On ne couche pas aux enterrements, au studio Hébertot. Photo David Twist.

« On ne couche pas aux enterrements », de et avec Christine Anglio (Pauline) et Laurie Marzougui (Isabelle), et dans le rôle de Laurent, un comédien "invité" (différent à chaque représentation). Mise en scène par Manon Rony. Au studio Hébertot1 . Jusqu'au 30 juillet 2023. 60'. 

  • 1Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, Paris-17e. M° Rome ou Villiers. Du mercredi au samedi à 19h et le dimanche à 15h. 29 €. Rés:. 01 42 93 13 04.

Sur son lit de mort, Ana fait promettre à sa sœur Isabelle et à sa meilleure pote Pauline qu’elles continueront à se voir, tous les ans, le jour de son anniversaire. À l’occasion de leurs quinzièmes retrouvailles, Isabelle décide de se libérer de tous ses non-dits qui lui pèsent sur l’âme et le cœur depuis toutes ces années et de tout révéler à Pauline à propos de sa brève coucherie avec Laurent — ancien époux d’Ana et actuel époux de Pauline — le jour de l’enterrement d’Ana et, accessoirement, de la vente de l’appartement de son père où elles ont l’habitude de se retrouver annuellement.

À cette brillante et magistrale intrigue quasi, disent-elles, autobiographique écrite et interprétée par elles-mêmes, Christine Anglio (Pauline) et Laurie Marzougui (Isabelle) y ont (malheureusement) ajouté un début extrêmement poussif. La toute première saynète d’environ 60 secondes sur laquelle débute la pièce annonçant la vente et la coucherie est en effet rejouée — LexTimes n’a pas tout-à-fait compris pourquoi — au moins cinq ou six fois sous différents angles et sous différentes perspectives et on finit par un peu s’en lasser et se demander quoi qu’est-ce durant la fin de ces longues cinq ou six premières minutes.

Cela dit, ce bref long intermède terminé, on entre de plein pied dans le vif de cette tragi-comédie et les cachoteries enfouies pour ne pas culpabiliser l’autre ni soi-même qui vont fuser ne sont pas à sens unique.  L’une et l’autre, coupables in petto depuis quinze ans de ce que l’autre ignorait, se libèrent petit à petit en même temps qu’elles culpabilisent l’autre en se déculpabilisant. Le tout avec une parfaite aisance et justesse de ton, en nous arrachant, parfois, un sourire ou un rictus alors que tout est on ne peut plus sérieux.

 

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