Athlétisme : Corruption de grande ampleur autour du président de l’IAAF

Papa Massata Diack
Papa Massata Diack.

Le parquet national financier (PNF) annonce que les investigations réalisées depuis un peu plus de deux ans, à la suite d’un signalement de l'Agence mondiale anti-dopage (AMA) évoquant des faits de corruption commis par des membres de l'International association of Athletics Federations (IAAF) ou par certains de leurs proches pour dissimuler des cas de dopage d'athlètes russes, ont mis en évidence l’existence d’un système de corruption de grande ampleur organisé autour de Papa Massata Diack, fils de Lamine Diack, président de l'IAAF et membre influent du Comité international olympique (CIO).

Le PNF avait ouvert plusieurs enquêtes, confiées à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), et plusieurs éléments concordants permettent à présent de penser, selon un communiqué diffusé en fin de matinée, que les votes de membres de l'IAAF et du CIO ont été « négociés contre rétributions pour obtenir la désignation des villes chargées d'accueillir les plus grandes compétitions sportives mondiales ».

Le 24 décembre 2015, une information judiciaire a été ouverte des chefs « de corruption privée, blanchiment et recel en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs » concernant les conditions de désignation de la ville de Tokyo, au Japon, pour les JO de 2020 et le 9 juillet dernier, l’information a été étendue aux conditions de désignation, le 2 octobre 2009, de la ville de Rio de Janeiro, au Brésil, pour l’organisation des JO de 2016.

Les magistrats en charge de la procédure, précise le communiqué, ont travaillé en collaboration étroite avec leurs homologues brésiliens et la volonté du PNF d’enquêter — pour la première fois en France — sur la corruption dans la gouvernance du sport mondial a trouvé un écho immédiat dans l’enquête conduite au Brésil contre la corruption politique : le Lava Jato.

Le procureur de la République financier-adjoint, Jean-Yves Lourgouilloux, s’exprime en ce moment même, au quartier général de la police fédérale de Rio de Janeiro, aux côtés de ses homologues du parquet fédéral de l'État de Rio, du ministère public fédéral, de la police judiciaire fédérale et des services fiscaux de Rio, dans le cadre d’une conférence de presse portant sur la collaboration entre les deux pays à l’occasion des dernières investigations réalisées en France et au Brésil.