Attentats Corse : Le bâtonnier Ferrari mis en examen pour association de malfaiteurs

Le barreau d'Ajaccio est en grève depuis l'arrestation de son bâtonnier. Photo DR

Les avocats de Corse ont annoncé qu'ils poursuivraient jusqu'à mardi au moins la grève entamée depuis l'arrestation du bâtonnier d'Ajaccio, Doumé Ferrari, mis en examen, et du refus de la chambre civile de la cour d'appel de Bastia de renvoyer les affaires en l'absence des défenseurs.

Les conseils de l'ordre des barreaux d'Ajaccio et Bastia ont décidé de poursuivre la grève jusqu'à mardi inclus pour riposter au refus de la chambre civile de la cour d'appel de Bastia de renvoyer les affaires, selon une motion adoptée lors d'assemblées générales extraordinaires. Les deux barreaux ont aussi « interdit » aux avocats de permanence d'intervenir notamment lors des gardes à vue, dans les auditions à l'instruction et de répondre aux convocations des juges des libertés et de la détention. Toute désignation d'avocat dans le cadre de l'aide juridictionnelle est en outre suspendue.

Le bâtonnier d'Ajaccio par délégation, Me Louis Bujoli, et des dizaines d'avocats ont chaleureusement accueilli vendredi à l'aéroport d'Ajaccio le bâtonnier Ferrari à son retour de Paris. Au terme de quatre jours de garde à vue dans une base militaire d'Ajaccio, puis à Paris, dans le cadre d'un dossier sur des attentats contre des gendarmeries en Corse en 2013, Me Ferrari a été mis en examen jeudi soir pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ».

Les autres motifs de la mise en examen sont « le recel de vol avec arme en bande organisée, la détention illégale d'armes et de munitions en bande organisée et la détention d'un dépôt d'armes en bande organisée », le tout, selon le parquet de Paris, en relation avec une entreprise terroriste. Me Ferrari, connu pour son engagement nationaliste, a strictement refusé de répondre, durant toute sa garde à vue, aux gendarmes et policiers, puis au nouveau juge anti-terroriste parisien, Antoine Gaudino.

« On essaye de m'atteindre à travers mes idées politiques et à travers les personnes que je défends. C'est scandaleux ! », a-t-il déploré lors de son retour en Corse. Le bâtonnier envisage avec ses défenseurs de demander rapidement l'annulation de sa mise en examen.