Avocats : Le barreau de Paris se dote d’un logiciel pour déceler les risques psycho-sociaux

Maison du barreau, place Dauphine à Paris.
Maison du barreau, place Dauphine à Paris.

Un rapport d’un membre du conseil de l’ordre du barreau de Paris aurait révélé « des risques psycho-sociaux (RPS) dans l’exercice de la profession d’avocat » mais seulement « une très faible minorité [d’avocats] se manifeste auprès des services sociaux de l’ordre en cas de difficulté », selon une information publiée dans le Bulletin« Prévention des avocats en difficulté (PAD) », le Bulletin, n° 21, 9 déc. 2014, p. 3..

Pour palier ce désintérêt des avocats parisiens pour les services sociaux de leur ordre, l’auteur du rapport, Karine Mignon-Louvet, membre du conseil de l’ordre (MCO), préconise de mettre en évidence des « faisceaux d’indices », des« clignotants », qui permettraient d’intervenir suffisamment en amont auprès des confrères et prévenir ainsi leurs « difficultés de parcours ».

La liste non exhaustive de ces clignotants est, par exemple, le défaut de déclaration de revenus, les plaintes déontologiques, le non-paiement des cotisations et l’absence de domicile professionnel.

On ne sait si l’accord de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a été sollicité et obtenu ou non mais toujours est-il que le conseil de l’ordre a décidé, à la majorité des votants, la mise en place d’un logiciel permettant de croiser « les données relatives à l’exercice professionnel, à la déontologie, aux poursuites disciplinaires et aux dettes financières de chaque [avocat parisien] ». Ces données resteront toutefois confidentielles, est-il précisé, et seront effacées « dans un délai qui reste à déterminer ».

Persuadée d’avoir mis la main sur avancée majeure quant à la maîtrise des RPS, Mme Mignon-Louvet aurait par ailleurs proposé de porter ce projet au Conseil national des barreaux (CNB) pour que la prévention des risques psycho-sociaux soit inclue dans le règlement intérêt national (RIN) de la profession.