CIGEO : L’avocat de la défense interpellé et son matériel professionnel saisi

Me Etienne Ambroselli, devant le tribunal de Bar-le-Duc.
Me Etienne Ambroselli, devant le tribunal de Bar-le-Duc.

Dans la foulée d’une commission rogatoire ayant abouti mercredi à l’interpellation de nombreux opposants au projet CIGEO (Centre industriel de stockage géologique) d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse) et à des perquisitions chez certains d’entre eux, le Conseil national des barreaux (CNB) dénonce celle de leur défenseur, Me Etienne Ambroselli, « privé de la possibilité de remplir sa mission de défense de ses clients », indique le Syndicat des avocats de France (SAF).

Avocat inscrit au barreau de Paris depuis janvier 2002, Me Ambroselli a été interpellé dans son cabinet, placé en garde à vue, ses locaux professionnels perquisitionnés, son ordinateur et son smartphone saisis et mis sous scellés avant d’être mis sous le statut de « témoin assisté » par le magistrat instructeur. Une audience doit avoir lieu, ce lundi 25 juin à 14 heures 30, devant le juge des libertés et de la détention de Bar-le-Duc (Meuse) quant à la saisissabilité du matériel professionnel de l’avocat.

Le CNB dénonce ces « méthodes d’intimidation » qui visent un avocat « dans l’exercice de sa profession, dans un dossier où il était lui-même constitué » et se plaint de cette « atteinte intolérable aux droits de la défense et au secret professionnel » autant qu’il s’inquiète de « la recrudescence des attaques contre les avocats, dans le cadre de l’exercice de leur mission », sans lesquels il ne peut pourtant « y avoir de procès équitable ».

Vive réaction également du SAF qui compte l’avocat parmi ses membres et considère que ces événements « participent manifestement d'une volonté de déstabiliser la défense et d'accéder à des informations détenues par [Me Ambroselli] et couvertes par le secret professionnel ». « Ces informations que pourraient recueillir les autorités sur les militants et relevant de la défense », estime le syndicat, pourraient également tomber entre les mains de l'ANDRA, l’agence qui porte le projet CIGEO et qui pourrait par ce biais « accéder à l'ordinateur de l'avocat de ses opposants », s’indigne le SAF quant à ces « très graves violations des droits de la défense et du secret professionnel » auxquelles le SAF demande « qu'il soit mis un terme sans plus attendre ».

Le SAF en appelle à tous les avocats et leur demande de se joindre à lui lors de l’audience de ce lundi à Bar-le-Duc et à ceux qui ne peuvent faire le déplacement, il leur est suggéré de se rassembler — en signe de soutien — le même jour et à la même heure, devant leur tribunal de grande instance pour dénoncer ces atteintes aux droits de la défense.