Commission européenne : La nomination de Martin Selmayr au secrétariat général fait débat

Martin Selmayr, nov. 2014. Photo Saeima.
Martin Selmayr, nov. 2014. Photo Saeima.

Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, la présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen, a interpellé hier le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, quant à la promotion de son chef de cabinet, Martin Selmayr, au poste de secrétaire général de la Commission européenne, à compter d’aujourd’hui, 1er mars.

« Les suspicions de conflit d’intérêts, favoritisme et mépris des règles ne peuvent en aucun cas ternir la Commission européenne qui doit être irréprochable sur le respect des règles, étant garante du respect de ces dernières », écrit, dans un courrier daté d’hier et diffusé cet après-midi à la presse, la parlementaire au chef de l’exécutif pour justifier sa demande d’éclaircissements en tant que « législateurs, représentants les citoyens de l’Union » qui s’interrogent sur « le respect des règles en vigueur à la Commission européenne quant aux parcours des agents et à leurs mouvements ou promotions ».

Mme d’Allonnes-Bonnefoy croit savoir qu’en l’espace de quelques jours, M. Selmayr aurait été promu au poste de secrétaire général adjoint et ensuite à celui de secrétaire général sans que le « calendrier » de ces promotions ait été communiqué au collège des Commissaires ni avoir suivi les procédures de présélection qui auraient dû l’être et semble ainsi s’interroger à la fois sur les compétences et sur le passe-droit dont aurait bénéficié l’impétrant.

La cheffe de file de la délégation socialiste à Strasbourg souhaite que M. Juncker apporte ces réponses directement devant « le Parlement européen car la Commission européenne est responsable, indique-t-elle, devant le Parlement européen », soulignant que son objectif n’est pas lié à « la personnalité de celui qui était encore il y a peu [son] chef de cabinet mais de faire toute la lumière sur une affaire dont [elle craint] qu’elle ne fasse encore croître la méfiance des citoyens envers les institutions ».

Avocat de formation, Martin Selmayr, 47 ans, est diplômé des universités de Genève, en Suisse, et de Passau, en Allemagne. Il a débuté sa carrière à la Banque centrale européenne (1998-2000) avant de rejoindre le groupe de médias allemand Bertelsmann en tant conseiller juridique. Il a rejoint la Commission européenne en 2004, d'abord en tant que porte-parole puis chef de cabinet de l'ancienne commissaire Viviane Reding, avant de devenir le collaborateur de Jean-Claude Juncker, dont il organise la campagne en 2014 pour la présidence de la Commission et accède au poste de chef de cabinet avant d'être introniser à celui de Secrétaire général.