Financement politique : L'avocat Robert Bourgi sanctionné par ses pairs à 6 mois ferme d'interdiction d'exercice

Robert Bourgi. Photo DR.

L'avocat franco-libanais Robert Bourgi a été sanctionné par ses pairs d'une interdiction d'exercer la profession pendant deux ans dont 18 mois avec sursis pour les propos qu'il avait tenus l'an dernier concernant des espèces versées par des chefs d'État africains à des personnalités politiques françaises par son intermédiaire.

La sanction, rendue le 23 octobre 2012 par la formation de jugement n° 1 du conseil de discipline du barreau de Paris, est en ligne depuis hier sur le site de l'ordre parisien bulletin.fr et retient des « manquements aux principes essentiels [...] d'honneur, d'indépendance et de prudence » mais également des manquements aux dispositions « régissant les conflits d'intérêts et le secret professionnel ».

C'est au mois de septembre 2011 que Me Bourgi, 67 ans, avocat au barreau de Paris, avait révélé, dans plusieurs médias, qu'il avait servi, entre 1997 et 2005, d'intermédiaire pour le compte de plusieurs chefs d'État africains, dont notamment le président gabonais Omar Bongo, dans le cadre de transferts de fonds destinés notamment à Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Jean-Marie Le Pen, qui le rémunéraient au moyen de paiements forfaitaires, « sans plus de précisions », selon l'arrêté disciplinaire, quant « aux diligences effectuées et auxquelles se rapportaient les factures ».

C'est par un communiqué de presse que le barreau de Paris avait annoncé, le 12 septembre 2011, l'ouverture de cette procédure disciplinaire pour cerner « la réalité des missions que M. Robert Bourgi, avocat, déclare avoir accomplies », rappelant que « les principes qui gouvernent la profession d'avocat ne permettent en aucun cas de procéder aux actions telles que relatées dans la presse ».

Robert Bourgi est également privé pendant dix ans du droit de « faire partie du conseil de l'ordre, du CNB, des autres organismes professionnels et de se présenter aux fonctions de bâtonnier ». Sollicité par LexTimes.fr, Me Bourgi n'a pas souhaité réagir. Son cabinet nous a toutefois précisé, jeudi 29, qu'il n'a pas interjeté appel et que la décision est définitive.