Justice : Une institution de lâcheté confie François Hollande à deux journalistes

Bertrand Louvel (G) et Jean-Claude Marin (D).
Bertrand Louvel (G) et Jean-Claude Marin (D).

Bertrand Louvel et Jean-Claude Marin, respectivement premier président et procureur général près la cour de cassation, ont été reçus hier soir à l’Élysée, à leur demande expresse, par le président de la République François Hollande, pour obtenir des explications quant à ses propos sur la justice jugés inadmissibles.

« Une institution de lâcheté [...] C’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n’aime pas le politique », peut-on lire dans un énième livre de confidences élyséennes paru hier et intitulé « "Un président ne devrait pas dire ça…" Les secrets d’un quinquennat » (Fabrice Lhomme et Gérard Davet, Stock, oct. 2016, 450 p. 24,50 €) que « le président de la République en exercice a laissé publier, sans les démentir », s’étonne le premier président Louvel ce matin dans une allocution au cours de laquelle il rappelle que son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait, lui, comparé les magistrats à des « petits pois sans saveur ».

Ces « outrances renouvelées » à l’encontre du corps judiciaire, en un temps qui requiert la cohérence de l’ensemble des pouvoirs publics, poursuit le haut magistrat, posent « un problème institutionnel » et « il n’est pas concevable que la charge de président de la République, qui comporte la responsabilité constitutionnelle de garantir l’indépendance de l’autorité judiciaire, puisse être utilisée par son titulaire, avec tout le poids qu’elle représente, pour contribuer à diffuser parmi les Français une vision aussi dégradante de leur Justice ».

Allocution de Bertrand Louvel, premier président de la cour de cassation, 13 oct. 2016.

Pour Bertrand Louvel, il est à présent plus que temps que le pays se saisisse de la question essentielle de la place dans les institutions de l’autorité judiciaire, afin que celle-ci s’émancipe enfin de la tutelle de l’exécutif où la maintient une tradition monarchique d’un autre temps, inadaptée aux exigences de la séparation des pouvoirs dans une démocratie moderne.

Le procureur général Jean-Claude Marin n’est pas en reste et considère que l’entretien d’hier avec le président de la République n’a pas « atténué » le sentiment que la magistrature, en général, et les magistrats, en particulier, ont ressenti face à cette nouvelle « humiliation » car par de tels propos, souligne-t-il, le chef de l’État, garant constitutionnel de l’indépendance de l’autorité judiciaire, semble « n’en garantir ni la place ni la considération et ce, quel que soit le contexte dans lequel ils ont pu être tenus ».

Cette atteinte à notre institution et à ceux qui la servent, s’émeut M. Marin, est « d’autant plus injuste que, ces derniers temps, tous semblaient pourtant s’accorder, qui plus est dans la période terrible que notre pays subit depuis janvier 2015, à penser que notre justice, longtemps négligée, devait être une des priorités majeures dans un État de droit ».

Allocution de Jean-Claude Marin, procureur général près la cour de cassation, 13 oct. 2016.

Que peuvent penser les Français par de tels propos tenus sur la justice par la plus haute autorité de l’État, s’interroge Jean-Claude Marin qui estime qu’il est à présent « incontournable, de poser et de régler, sans ambiguïté et loin de toute posture partisane, la question de l’ordonnancement de nos institutions et de la réelle indépendance de l’autorité judiciaire dans ce pays ».

On ne sait combien il y a encore de livres de confidences à venir dans les prochaines semaines mais il est certain que la carrière politique de François Hollande se termine avec celles-ci qui sont particulièrement malvenues et indigestes. Il y a cinq ans, ce sont des accusations de viol d'une femme de chambre qui n'ont pas permis à Dominique Strauss-Kahn de se présenter à la primaire PS et de briguer un mandat présidentiel. Aujourd'hui, c'est un viol de la Constitution qui devrait amener François Hollande à renoncer à se présenter à la primaire PS qui avait pourtant été taillée sur mesure pour lui et à briguer un second mandat.

 

Commentaires

Les anglais ont eu la guerre des roses
Portrait de renehoffer
Les anglais ont eu la guerre des Deux-Roses, ici ça ressemble à la confrontation des hochets Rouge-Bleu on dirait hahaha rollstahiti@gmail.com