Justice : Visite du futur tribunal de Paris

De g. à dr., Jean-Michel Hayat, François Molins et Nicole Belloubet, 21 sept. 2017. Photos Jon Helland pour LexTimes.
De g. à dr., au premier plan, Jean-Michel Hayat, François Molins et Nicole Belloubet, 21 sept. 2017. Photos Jon Helland pour LexTimes.

La ministre de la justice Nicole Belloubet a convié jeudi la presse pour une visite du futur tribunal de Paris qui quittera dans un peu plus de six mois le cœur de Paris, l’Île de la Cité, pour s’installer dans le quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris, dans des locaux modernes et fonctionnels d’une tour composée de trois blocs superposés dessinée par l’architecte Renzo Piano et à cette occasion la station de métro « Porte de Clichy » de la ligne 13 sera rebaptisée « Tribunal de Paris ».

Le site des Batignolles accueillera, courant avril 2018, non seulement tous les services du tribunal de grande instance (TGI) de Paris actuellement logés à l’étroit dans le palais historique mais également différents autres services pour l’instant éclatés dans cinq autres sites aux quatre coins de la capitale — le bureau d’aide juridictionnelle hébergé dans les locaux du tribunal de commerce, le parquet national financier dans les anciens locaux du Monde, le tribunal de police rue de Ferrus,… — ainsi que le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) et les 20 tribunaux d’instance qui fusionneront à cette occasion pour devenir le « Tribunal d’instance de Paris ».

Tribunal de Paris
Futur tribunal de Paris, 21 sept. 2017.

« Pour mes services, dit le procureur de la République François Molins, qui sont dispersés quai de la Corse, rue des Italiens et à la Cité, le regroupement que permet le nouveau tribunal nous invite à revisiter nos modes de fonctionnement pour être efficaces ». « Le tribunal de grande instance de Paris est le seul de France, renchérit le procureur financier Éliane Houlette, à comporter une triarchie. Aujourd’hui, nous traitons, à trois, différents dossiers, souvent par téléphone ou par email pour pallier le manque de proximité. Demain, les échanges entre les chefs de juridiction, et d’ailleurs entre tous les professionnels du TGI, seront plus réactifs et spontanés ».

Il n’y a pas que les magistrats qui seront choyés et qui, pour certains, auront finalement un bureau où se poser et n’auront plus à trimbaler leurs dossiers dans leur sac à dos ou caddie, les avocats auront, eux, en plus d’un vestiaire, des box pour s’entretenir avec leurs clients et des points d’accueil dédiés. Quant à la presse judiciaire, il est prévu qu’elle ait à disposition : locaux, outils multimédias et tout le matériel nécessaire à la tenue de « directs » lors de procès médiatiques. Les vérifications faites et le portique franchi, le public en général et le justiciable en particulier ne seront pas, non plus, en reste et bénéficieront d’un accueil « spontané ou spécialisé », de prise de rendez-vous pour un entretien approfondi, d’un point d’accès au droit avec des « permanences quotidiennes, gratuites, anonymes et confidentielles ». Que du bonheur, en somme, et pour tous !

Jean-Michel Hayat, président du tribunal, est convaincu que les conditions sont « parfaitement réunies pour offrir aux [500] magistrats et aux [1 300] fonctionnaires la certitude de travailler dans un environnement répondant pleinement à leurs légitimes exigences et les rendant fiers d’y exercer leurs fonctions ». Et le départ du tribunal de l’Île de la Cité devrait faire deux autres heureux : la cour d’appel et la cour de cassation qui auront plus d’espace à se partager entre elles.

Une salle d'audience du tribunal de Paris
Une des grandes salles d'audience du futur tribunal de Paris.

Dans le futur tribunal, ce seront des salles d’audience lumineuses, spacieuses et dotées d’équipements modernes de visioconférence et vidéotransmission, la plus grande d’entre elles pouvant accueillir jusqu’à 250 personnes et pour les grands procès médiatiques, en reliant plusieurs salles, ce sont près de 1 000 personnes qui pourront être accueillies. Il y aura aussi une bibliothèque et un restaurant (pour les magistrats et autres professionnels) d’une capacité de 800 places assises offrant une vue exceptionnelle sur Paris ainsi que des terrasses arborées, ouvertes à tous, permettant des moments de détente et de convivialité.