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Loi sur le don d'organe : Les Français mal informés

Par ÉMILIE GOUGACHE | LEXTIMES.FR |

Selon une enquête réalisée pour la Fondation Greffe de vie, seuls 13% des Français connaissent la loi qui régit le don d'organe. Une méconnaissance qui ne facilite pas le travail des équipe médicales, selon la Fondation.

La 11ème journée nationale de réflexion sur le don d'organes s'est déroulée mercredi 22 juin. L'occasion de rappeler que les dons d'organes, de sang et de moelle osseuse permettent chaque année de sauver des milliers de vie. Les Français connaissent pourtant mal la loi sur cette pratique, empêchant quelque peu une bonne application de celle-ci.

Il ressort en effet, selon une enquête1  OpinionWay pour la Fondation Greffe de vie, que seuls 13% des Français connaissent la loi qui régit le don d'organe post mortem. 87% des personnes interrogées pensent qu'il suffit d'avoir donné son accord, alors qu'il faut au contraire signifier son refus.

Tout le monde est un donneur potentiel

L'article L.1232-1 de la loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique dispose que le prélèvement d'organes « Peut être pratiqué dès lors que la personne n’a pas fait connaître, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement ».

Le refus exprimé est révocable à tout moment. Deux moyens légaux existent afin de le signifier : l’inscription au registre national des refus, disponible auprès de l’Agence de la Biomédecine et la communication de son opposition à ses proches afin qu’ils puissent en témoigner. Si le refus n'a pas été signifié par la personne avant son décès, le médecin qui n'a pas eu connaissance de la volonté du défunt doit, selon la loi, "s’efforcer de recueillir auprès des proches l’opposition au don d’organes éventuellement exprimée de son vivant par le défunt". Il doit également les informer de la finalité des prélèvement envisagés.

Faire connaître son avis pour le don auprès des siens est donc important. Car sous le coup de l'émotion, face à un choix difficile et douloureux, les proches peuvent refuser le prélèvement d'organes alors que le défunt peut avoir été de son vivant, pour le don de ses organes.

En 2010, 437 patients en liste d'attente sont décédés faute de greffes

Aujourd'hui, le taux d'opposition aux prélèvements atteint 33,7%. Il a augmenté de 20,3% en l'espace de trois ans, déplore la Fondation. Depuis 2000, les activités de prélèvement et de greffe d'organes en France ont progressé de presque 50%, mais les besoins ne cessent de croître et le nombre de greffes réalisées ne suffit pas à les couvrir. En 2009, 437 patients en liste d'attente sont décédés faute de greffes et en 2010, 4 708 greffes d'organes ont pu être réalisées alors que le nombre de malades inscrits en liste d'attente atteignait 15 613. Enfin, 92,5% des greffes ont été réalisées grâce à des donneurs décédés et 300 grâce à des donneurs vivants (283 greffes de rein et 17 greffes de foie).

Afin de sensibiliser les Français à cette loi, la Fondation Greffe de vie organise un grand concours créatif du 1er juin au 17 octobre 2011. Ce concours a pour objectif de créer une vidéo visant à faire connaître la loi sur le don d’organes.

 

  • 1Enquête réalisée du 2 au 4 février 2011 par l’Institut de sondage OpinionWay en France métropolitaine , auprès de 1 019 individus de 18 ans et plus, issus d’un échantillon national représentatif de la population française (étude omnibus).

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