Marche des fiertés : Le CNB et le barreau de Paris défileront ce samedi 29 juin 2019

Le CNB et le barreau de Paris défileront à la Gay Pride ce samedi 29 juin 2019
Le CNB et le barreau de Paris défileront à la Gay Pride ce samedi 29 juin 2019.

Date historique, ce samedi 29 juin 2019 ! Cinquante ans après les émeutes de Stonewall, vingt ans après la loi de 1999 instituant le pacte civil de solidarité (Pacs) et six ans après celle de 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, le Conseil national des barreaux (CNB) annonce que les avocats seront présents pour la première fois à la « Marche des fiertés » (Gay Pride), ce samedi 29 juin 2019, à Paris, aux côtés de l'Association française des avocats LGBT+, du barreau de Paris et d'Ensemble contre la peine de mort.

« Les avocats sont engagés dans la lutte pour l’égalité et contre toute discrimination tant dans la profession que dans la société tout entière », affirme le préambule d’une motion adoptée à l’unanimité lors de l’assemblée générale des 14 et 15 juin 2019 de l’institution représentative des quelque 66 000 avocats de France qui entend ainsi souligner que « la défense des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes (Lgtbi) et la lutte contre les discriminations qu’elles subissent est un engagement […] au même titre que la défense de toute personne poursuivie ou menacée en raison notamment de ses origines, sa religion, son sexe ou ses opinions politiques ».

Ces discriminations, poursuit le communiqué, persistent, ici et ailleurs, puisqu’une personne Lgbt sur trois a été « discriminée à raison de son orientation sexuelle au cours de sa vie et plus d’une personne Lgbt sur deux a déjà fait l’objet d’une agression homophobe comme l’a relevé le Défenseur des droits […] 73 pays ont une législation ouvertement homophobe et criminalisent l’homosexualité […] passible de peines d’emprisonnement, d’amendes ou de coups de fouet […] 12 pays [répriment] par la peine de mort l’homosexualité ».

Même si elle intervient cinquante ans après Stonewall, vingt ans après la loi instituant le Pacs et six ans après la loi ouvrant le mariage à tous, on ne peut que se réjouir de cette prise de conscience fort tardive venant d’aussi haut, gentiment relayée par le barreau de Paris franchement et ouvertement homophobe pendant des décennies qui, d’aucuns s’en souviennent, à l’automne 1999, quelques semaines avant le vote de la loi relative au Pacs, dans le Bulletin du bâtonnier, sous la plume de Martine Bourry d’Antin, membre à l’époque du conseil de l’ordre (1998-2000) et déléguée du bâtonnier… à la médiation, on avait eu droit, dans un articulet infâme, à une prise de position digne de Christine Boutin avec qui elle doit ou, à tout le moins, devait, partager les mêmes valeurs. Elle sévit toujours en matière de médiation aux plus hautes fonctionsPrésidente d’honneur de l’Association des médiateurs européens, formatrice à l’Ifomene (Institut de formation à la médiation et à la négociation), co-auteur de l’ouvrage « Art et techniques de la médiation », 2e éd., LexisNexis, déc. 2018. et on ne sait si c’est elle-même ou son effigie qui trônera ce samedi sur le char des fiertés des robes noires parisiennes pour un mea culpa salutaire et une reconnaissance, comme dirait François Savigny, dont ses confrères ont certainement besoin.

Rendez-vous est donné, précise un second communiqué que LexTimes reçoit au moment de publier, sur « un char dédié pour dénoncer la criminalisation de l'homosexualité dans 73 pays du monde, dont 12 pays la rendant passible de peine de mort, et pour marquer le soutien de la profession d'avocats en faveur de l'égalité des droits entre les personnes hétérosexuelles et les personnes LGBT ». Le défilé partira samedi à 14 heures de Montparnasse pour finir Place de la République vers 17 heures.