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Primaire LR : La droite en ordre de marche

Par Alfredo Allegra | LEXTIMES.FR |
François Fillon (en train de prier) et Alain Juppé, 24 nov. 2016. Capture d'écran. François Fillon (en train de prier) et Alain Juppé, 24 nov. 2016. Capture d'écran.

Les deux finalistes, François Fillon et Alain Juppé, au débat de l’entre-deux-tours de la primaire de la droite et du centre animé par Gilles Bouleau (TF1), David Pujadas (France 2) et Alexandra Bensaid (France Inter), ont mis au placard leur agressivité des derniers jours et ont fait un petit pas l’un vers l’autre en prévision de la version définitive du programme qui sera porté par le vainqueur de dimanche soir.

Terminées donc les attaques destructrices. Poignée de mains avant et après. Sourires, « comme le dit François Fillon, je… », « comme le dit Alain Juppé, je… ». Un débat presque terne sans aucune saillie où les supporters des deux camps ont sans doute bien compris que la fin de la partie avait été sonnée dans les deux états-majors et qu’il ne reste plus rien ou pas grand-chose à trancher.

« Ensemble, on va mettre au point le projet que les Français vont choisir », a même d’ailleurs déclaré d’emblée Fillon qui a lâché un tout petit de lest sur son projet libéral-conservateur pour qu’il apparaisse un tantinet moins brutal et Juppé va se faire, de son côté, un peu mal pour durcir son projet libéral-libéral de manière à ce que le premier puisse garder la droite extrême et mordre sur l’extrême droite et que le second garde les voix du centre et des déçus du socialisme.

Sur le point de discorde des derniers jours, François Fillon regrette le « procès injuste » qu’on lui a fait et a martelé que ce n’est qu’à titre purement personnel qu’il n’est pas favorable à l’avortement et d’ailleurs, a-t-il souligné, « en tant qu’en homme, je ne suis pas directement concerné par la question » mais dans mes fonctions en tant qu’ancien ministre des affaires sociales (2002-2004), ancien premier ministre (2007-2012) et futur président de la République, « je n’ai jamais, a-t-il rappelé, contesté ce droit essentiel aux femmes mais ce n’est pas un droit fondamental ». « Pour moi, ce n’est pas un droit essentiel, c’est un droit fondamental », a répliqué sèchement Alain Juppé.

Les deux étaient très nettement contre le mariage pour tous mais la réforme est à présent entrée dans les mœurs et ni l’un ni l’autre ne reviendra dessus au grand dam de la franche extrémiste de leur mouvement, le point de divergence en 2016 porte sur l’adoption. Simple pour Fillon, plénière pour Juppé car, explique-t-il, « l’adoption simple est révocable ». Et ils se retrouvent comme un seul homme sur la GPA (gestation pour autrui) qu’il n’est pas question d’autoriser aux homosexuels… mais puisque la Cour européenne des droits de l’homme n’est pas franchement de cet avis, Alain Juppé – oui, c’est bien Alain Juppé qui l’a dit et pas François Fillon – fera adopter un protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales autorisant la France à ne pas suivre la jurisprudence de la Cour en la matière.

L’axe Washington-Moscou-Paris — que l’on voyait se dessiner ces derniers jours de manière de plus en plus précise pour sortir du bourbier syrien après l’élection de Trump et la sympathie connue de Fillon pour Poutine — n’est plus aussi net, les deux sont d’accord pour « négocier » avec les deux Grands mais aucun n’approuve l’occupation de la Crimée ni le soutien affiché à Bachar el-Assad.

Le projet que portera le vainqueur pour la droite et le centre devrait céder encore quelques miettes dimanche soir telles que, par exemple, une hausse de 1,5 % de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) au lieu de 1 % pour Juppé et 2 % pour Fillon, une réduction de 400 000 fonctionnaires au lieu de 300 000 pour Juppé et 500 000 pour Fillon, et peut-être que Juppé parviendra à arracher une adoption plénière pour les gays mais la GPA semble belle et bien remisée au placard.

 

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