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Théâtre Les Déchargeurs : Adrien Grassard jette l’éponge, les salariés et les compagnies appellent au soutien

Par Lino Rizzo | LEXTIMES.FR |
Les murs du théâtre les Déchargeurs vendus à la société Holfim. Les murs du théâtre les Déchargeurs vendus à la société Holfim.

Deux ans après sa reprise par Adrien Grassard, le théâtre parisien Les Déchargeurs dit être « dans l’obligation de déposer auprès du tribunal de commerce une déclaration en cessation de paiements » et le rideau devrait donc, sauf miracle ardemment espéré par les salariés et les compagnies programmées pour la prochaine saison, rester baissé en septembre malgré la trentaine de spectacles d’ores et déjà prévus pour la saison 2023-24.

« C’était avec le cœur brave et l’envie profonde d’en faire un lieu pour les jeunes compagnies [et] animé par une envie de faire différemment [et] d’offrir une alternative, explique, dans un communiqué diffusé jeudi, le tout jeune comédien devenu directeur de théâtre à 24 ans, qu’il a « investi sans compter [en pleine crise sanitaire] tant humainement que financièrement durant ces [deux] dernières années pour œuvrer à ce but précis, et ce, malgré le contexte politique et économique difficile ».

Financièrement, selon les informations disponibles en open data et recueillies par LexTimes, le montage financier pour la création de ce lieu artistique-bar-petite restauration a consisté en la création, le 12 février 2021, d’une société Les Nouveaux Déchargeurs, au capital de 5 000 euros, détenue par Adrien Grassard à concurrence de 69 % et le reliquat de 31 % par une société civile immobilière Grashouse Invest, au capital nettement plus rondelet de 1,5 million d’euros, elle-même détenue par ses parents, Daniel et Valérie Grassard.

Le théâtre avait mis en place un système « sans minimum garanti » pour les troupes qu’il accueillait et durant la première année d’ouverture postérieure au covid, poursuit le communiqué, « le public n’a malheureusement pas été au rendez-vous » et malgré la « légère embellie » au cours de la deuxième année, le déficit a continué de se creuser et M. Grassard reconnaît qu’il ne dispose pas de la surface financière suffisante pour couvrir les pertes accumulées au cours des trente derniers mois.

Tout n’est pas noir ni même gris dans cette première mésaventure managériale d’Adrien Grassard car les astres semblent lui être très favorables. Le propriétaire des murs a eu la bonne idée de vendre les lieux et cela lui ouvre la voie pour une éventuelle cession, à bon voire très bon prix, au nouveau propriétaire, la société Holfim, du bail qui devait courir jusqu’en 2025 même si cela n’est pas du tout du goût des salariés ni des compagnies qui comptaient bien se produire dans ce théâtre au cours de la prochaine saison et qui lancent un cri pour un « soutien au théâtre des Déchargeurs en danger » et appellent à signer une pétition en ligne.

Dans une lettre ouverte, les six salariés et sept intermittents réguliers que compte le théâtre se disent « sidérés du manque de transparence, de communication et d’honnêteté [… et] déterminés à défendre l’histoire de ce lieu culturel indispensable ».

Holfim, quant à elle, se dit satisfaite de son acquisition : un ensemble immobilier mixte de 1 700 m², à proximité immédiate de la Samaritaine, un actif d'exception qui offre un emplacement de choix dans un secteur touristique et dynamique. Un immeuble authentifié par Louis XIV en 1686 et qui fut même le siège de La Petite Poste de Paris entre 1760 et 1786. La restructuration complète est prévue courant 2023.

 

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