Turquie : Six organisations syndicales françaises boycottent une réunion de l’OIT

Organisations syndicales

À l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) et de la Confédération syndicale internationale (CSI), six organisations syndicales françaises (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC et UNSA) annoncent dans un communiqué commun qu’elles ne se rendront pas à Istanbul, en Turquie, à l’occasion de la 10e Réunion régionale européenne de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui doit avoir lieu du 2 au 5 octobre 2017.

En Turquie aujourd’hui, selon les six organisations syndicales, l'état d'urgence est toujours en vigueur. Au moins 125 000 fonctionnaires, parmi lesquels une majorité d’enseignants, mais aussi des juges, des universitaires et des chercheurs, « ont été renvoyés par décret sans droit de recours en justice ». La liberté d'association, développent-elles, y est en péril avec « des arrestations et emprisonnements de syndicalistes participant à des manifestations ou s'exprimant sur les réseaux sociaux contre les mesures antidémocratiques liées au référendum de réforme constitutionnelle voulue par [le président turc Recep Tayyip] Erdoğan ».

En une année, la Turquie aurait ainsi emprisonné plus de journalistes que tout autre pays du monde. On estime que 148 journalistes et travailleurs des médias sont actuellement en prison. La CES, la CSI et leurs affiliés turcs ont formulé, en mai 2017, plusieurs demandes aux autorités turques, dont notamment : mettre fin aux licenciements collectifs, libérer les travailleurs, journalistes et élus emprisonnés, un retour à la règle du droit avec la présomption d’innocence, restaurer la liberté d’expression, de la presse et la réouverture des médias fermés, qui n’ont reçu aucun écho et c’est ce qui justifient que les deux organisations appellent au boycott.

Non seulement, les dérives des autorités turques n’ont pas cessé mais, poursuit le communiqué, les répressions à l’égard des militants syndicaux et pour les droits de l’homme continuent. Il en va ainsi des dirigeants d’Amnesty International et d’autres ONG qui ont été arrêtés et mis à l’isolement, des dirigeants et militants syndicaux qui subissent des licenciements abusifs, des descentes à leurs domiciles, des arrestations arbitraires et même des attaques armées.

C’est à la lumière de cette situation que la CSI et la CES ont estimé que les conditions ne sont pas réunies pour organiser la Réunion régionale européenne de l’OIT en Turquie et les six organisations syndicales françaises ont répondu à cet appel et ne se rendront pas à Istanbul.