Théâtre : Agatha, de Marguerite Duras

Agatha, au Café de la Danse. Avec Florian Carove et Alexandra  Larangot. Photo Lot.
Agatha, au Café de la Danse. Avec Florian Carove et Alexandra Larangot. Photo Lot.

« Agatha », d'après la pièce de théâtre éponyme (Éditions de Minuit, mars 1981, 67 p., 8,50 €) de Marguerite Duras (1914-1996). Mise en scène par Hans Peter Cloos. Avec Alexandra Larangot (Agatha) et Florian Carove. Au Café de la DanseCafé de la Danse, 5 passage Louis-Philippe, Paris 11e. Du mardi au vendredi à 20h30, le samedi à 17h00 et 20h30 et le dimanche à 16h30. 30 €. Rés.: 01 47 00 57 59.. Jusqu'au 7 octobre 2017. 85'.

Elle, Agatha, la petite sœur, Lui le grand frère, deux êtres fusionnels que quatre années séparent et que tout rapproche bien au-delà des convenances et du dicible et qui voudraient ou devraient pouvoir prendre la ferme résolution de distendre leurs liens bien trop profonds pour vivre, survivre, se reconstruire séparément si possible, par-delà ces liens, de cette trop profonde intimité passée et présente qu’ils savent fort bien coupable, presque sale au regard des autres, à tout le moins immontrable, certainement inconvenante mais délicieusement nécessaire aussi bien à l’un et à l’autre même si, parfois, l’une et ou l’autre aimerait bien ne pas l’avoir vécue tant les dégâts intérieurs deviennent irréversibles.

Ils se vouvoient souvent, ils se tutoient parfois, comme si ce vouvoiement était susceptible de mettre entre eux cette distance physique et cette hauteur morale qui leur a toujours fait défaut. Un vouvoiement qu’ils se plaquent comme un masque pour dissimuler leurs turpitudes dont ils ne sont, à froid, guère fiers.

Agatha et son frère se retrouvent dans leur maison d'enfance avant le départ définitif de la gamine qui a grandi bien trop vite. Ils évoquent pêle-mêle leurs souvenirs liés au fleuve, à la première fois qui n’est (mal)heureusement pas restée la dernière, aux pulsions-répulsions de l’un et l’autre pour l’un et l’autre qui les minent autant qu’ils les attendent.

À signaler, la prestation remarquable d’Alexandra Larangot dont c’est le premier rôle au théâtre après avoir suivi les Cours Florent et avoir « participé au Festival l’Aria en Corse » avec Robin Renucci.