Théâtre : Comme en 14

Comme en 14, au théâtre la Bruyère. Photo Lot.
Comme en 14, au théâtre la Bruyère. Photo Lot.

« Comme en 14 » (2003), d'après la pièce de Dany Laurent (Les Cygnes Éds, janv. 2005, 12 €). Mise en scène par Yves Pignot. Avec Marie Vincent (Mlle Marguerite), Virginie Lemoine (la Comtesse), Ariane Brousse (Suzy), Katia Miran (Louise) et Axel Huet (Pierre). Au théâtre la BruyèreThéâtre la Bruyère, 5 rue la Bruyère, Paris-9e. M° Saint Georges. Du mardi au samedi à 21h et le samedi à 15h30. De 22 € à 42 €. Rés.: 01 48 74 76 99.. Jusqu'au 29 juin 2019. 115'.

C’est l’hiver 1917, tous les hommes valides, jeunes et moins jeunes, sont au front à présent depuis plus de trois ans déjà et ce sont donc les femmes, ainsi que quelques vieillards, qui ont pris les commandes de tous les secteurs d’activité dans les champs et dans les villes pour que le pays puisse malgré tout plus ou moins continuer à tourner tant bien que mal.

Il y a aussi beaucoup de malades et énormément de blessés revenant du front et là aussi, ouvrières et bourgeoises, surnommées « les Anges Blancs », sont venues en renfort, bénévolement, pour soigner ou aider à soigner tous ces amputés et écorchés de la guerre. C’est de ces femmes que cette pièce de Dany Laurent, plébiscitée lors de sa création en 2003 par cinq nominations et trois Molières, nous narre le quotidien et plus particulièrement la veille et le jour de Noël 1917.

Dans un hôpital de fortune d’une petite ville à proximité du front, malades et blessés s’entassent les uns sur les autres. Une infirmière, Mlle Marguerite, la cinquantaine, en bonne professionnelle, secondée par deux jeunes femmes bénévoles, Suzy et Louise, fait « tourner la machine » comme elle peut avec ses hauts et ses bas.

En cette veille de Noël, la comtesse Adrienne — veuve de guerre et mère de deux enfants, l’un, Pierre, débile, et l’autre, Henri, sain d’esprit mais revenant du front et sur le point d’être amputé par un médecin octogénaire — a apporté cadeaux, champagne et victuailles à satiété et pendant quelques heures, pour ne pas faillir à la tradition, ce seront, pour ces quatre femmes que tout pourtant sépare et que rien ne prédestinait à se rencontrer, échanges sur les accords ou désaccords, rire, chanter et danser.

Cette pièce est avant tout, nous dit le metteur en scène Yves Pignot, un hommage à ces Anges Blancs et aux femmes en général, qui « savent se montrer fortes, unies et courageuses dans l’adversité ». On ne peut mieux dire.