Théâtre : Comme à la maison

Comme à la maison, au théâtre de Paris. Photo Celine Nieszawer.
Comme à la maison, au théâtre de Paris. Photo Celine Nieszawer.

« Comme à la maison », de Bénédicte Fossey et Éric Romand. Mise en scène par Pierre Cassignard. Avec Annie Grégorio (Suzanne), Lisa Martino (Sylvie), Françoise Pinkwasser (Ginou), Aude Thirion (Gwen), Pierre-Olivier Mornas (Michel) et Jeoffrey Bourdenet (Titou). Au théâtre de ParisThéâtre de Paris, 15 rue Blanche, Paris 9e. M° Trinité d'Estienne d'Orves, Liège ou Blanche. Du mardi au vendredi à 21h00, le samedi à 17h00 et 21h00 et le dimanche à 15h00. De 33 € à 43 €. Rés.: 01 42 80 01 81.. Jusqu'au 31 décembre 2017. 75'.

Une famille française de province tout-à-fait ordinaire se retrouve, comme tous les ans, en ce premier jour de l’an, pour se souhaiter la Bonne Année et s’échanger les rituels cadeaux d’usage. Autour de la mamma, Suzanne, ses trois enfants, Michel, Sylvie et Titou, sa bru, la femme de Michel, Gwen, et sa sœur handicapée, Ginou. Le père, alité, n’est présent que par ses aboiements intempestifs.

Comme en pareille occasion, la mamma leur a préparé son gratin mais à l’inverse des années précédentes, le scénario est un peu différent cette année et vire carrément au quasi règlement de comptes au lieu de faire le dos rond et de feindre de n’avoir rien entendu.

On va ainsi apprendre que La Gwen a couché avec le père avant d’épouser le fils, que La Ginou est la mère et non la tante de Sylvie, que Michel a abusé de Titou lorsqu’il n’avait que 13 ans et que ce dernier est à présent, au Canada, en ménage avec un lycéen noir de 16 ans,… Bref, que des petites choses ordinaires dans une famille ordinaire dont il vaut mieux en rire.

Le trait est peut-être grossi mais sans doute pas tant que cela puisque les abus de Michel sur Titou rappellent ceux, bien réels, de Laurent de Villiers sur son frère Guillaume qui ont défrayé la chronique judiciaire il y a quelques années. Et parfois, c’est bien la réalité qui dépasse la fiction et non l’inverse. La honte et la peur du scandale laissant souvent enfouies au plus profond de soi ces vilaines choses pas très catholiques que l’on aurait préféré ne pas avoir vécu ou subi.

Au moins à Comme à la maison, vous ne regretterez pas d’y être allé.