Théâtre : De Pékin à Lampedusa

De Pékin à Lampedusa, au théâtre Essaïon. Avec Malyka R. Johany. Photo Pierre François.
De Pékin à Lampedusa, au théâtre Essaïon. Avec Malyka R. Johany. Photo Pierre François.

« De Pékin à Lampedusa ». Texte et mise en scène par Gilbert Ponté. Avec Malyka R. Johany (Samia Yuzuf Omar). Au théâtre EssaïonThéâtre Essaïon, 6 rue Pierre au Lard, Paris-4e. M° Hôtel de Ville ou Rambuteau. Lundis et mardis à 19h45. 20 €. Rés.: 01 42 78 46 42. 70'.. Jusqu'au 9 janvier 2018. 85'.

Basée sur l’histoire vraie d’une jeune athlète somalienne, Samia Yuzuf Omar, qui, en 2007, à 16 ans, arrête sa scolarité après l’assassinat de son père en pleine rue de Mogadiscio pour s’occuper de cinq frères et sœurs pendant que sa mère gère la petite épicerie familiale, la pièce nous fait découvrir cette athlète méconnue qui, au prix d’énormes sacrifices, va réussir à intégrer l’équipe d’athlétisme qui représentera la Somalie aux Jeux olympiques de Pékin de 2008.

Bien qu’elle termine fort loin derrière les championnes lors des éliminatoires du 200 mètres, ce sera néanmoins, pour elle, une très grande victoire et s’en retourne comblée à Mogadiscio en considérant que cela avait été une « expérience merveilleuse de défiler sous les couleurs de [son] pays, la Somalie, et aux côtés des plus grands athlètes du monde. Un moment magique. [Elle s’est] sentie importante ».

Très vite oubliée et méprisée par les autorités de son pays qui ne lui donnent pas l’opportunité de s’entraîner, elle décide de fuir et de tenter « le grand voyage » vers l’Europe via l’Ethiopie, le Soudan, la Lybie, la méditerranée pour réaliser son rêve de participer aux Jeux olympiques de Londres de 2012 et gagner, gagner. Elle mourra, enceinte de quatre mois d’un viol, dans un canot pneumatique vers le 17 mars 2012 avant d’atteindre les côtes italiennes, à 87 milles au large de l’île de Lampedusa.

L’auteur et metteur de scène, Gilbert Ponté, explique comprendre cette jeune fille à travers sa « propre histoire, ou plus exactement l’histoire de [ses] parents ». « On ne peut pas, poursuit-il, comprendre l’histoire de l’immigration ni en parler si on ne l’a pas vécue. Impossible de comprendre ce besoin de fuir un pays pour survivre, au risque de mourir ».

Avec son menton volontaire et son corps menu et frêle, Malyka R. Johany est Samia.