Théâtre : Good Night, de et avec Romain Poli

Good Night, au théâtre Funambule. Photo Karl Galim.
Good Night, au théâtre Funambule. Photo Karl Galim.

« Good Night », un thriller psychologique de Romain Poli. Mise en scène par William Willebrod Wégimont. Avec Nouritza Emmanuelian (Léa) et Romain Poli (Anthony), et les voix de Éric Guého (le journaliste radio) et Sophie de Fürst (Emma). Au théâtre le FunambuleThéâtre le Funambule, 53 rue des Saules, Paris-18e. M° Lamarck Caulaincourt. Le lundi à 21h et le mardi à 19h30. 29 €. Rés.: 01 42 23 88 83.. Jusqu'au 1er mai 2018. 75'

Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, alors que Paris est le théâtre de plusieurs attentats terroristes et pleure ses premiers morts et blessés, un jeune homme, Anthony, s’introduit par la fenêtre dans l’appartement d’une jeune veuve enceinte endormie, Léa, pour y récupérer ou dérober quelque chose qui lui tient énormément à cœur. Réveillée par les bruits que fait Anthony involontairement, Léa parvient à se saisir de l’arme qui se trouve dans le tiroir de sa table de nuit et attache ensuite l’intrus aux barreaux du lit avec des menottes.

Alternant douceur, mots crus et violence extrême, Léa va alors s’évertuer à essayer d’extirper d’Anthony le pourquoi de cette intrusion nocturne et ce d’autant plus fermement et de manière déterminée qu’elle reconnaît en lui un collègue de son mari décédé quelques jours plus tôt et qu’il aurait fort bien pu, pense-t-elle et dit-elle-même, appeler pour annoncer une venue diurne plus décente et « récupérer » le « dossier » dont il avait soi-disant tant besoin… jusqu’à ce qu’Anthony finisse par craquer et avouer l’indicible qui n’est vraiment pas du tout du goût de Léa et ne va faire que décupler sa violence lorsqu’elle est contrainte d’admettre qu’ils partageaient… le même homme !

Un huis clos bouleversant d’une charge émotionnelle très intense entre deux êtres totalement différents et que tout oppose, reliés à leur insu par l’unique être que chacun d’eux aimait profondément à sa façon jusqu’à il y a quelques jours à peine, qui auraient pu continuer pendant fort longtemps encore à vivre paisiblement leur vie parallèle respective sans jamais se rencontrer si le destin n’en avait décidé autrement.

On ignore de quoi et comment est mort celui qui était le mari de l’une et l’amant de l’autre mais qu’importe, l’essentiel de ce texte de Romain Poli écrit pour lui-même est la rencontre improbable entre ces deux êtres dissemblables qui vont se rejeter au fur et à mesure qu’ils se découvrent pour le plus grand malheur de l’autre.