Théâtre : J'aime Valentine mais bon...

J'aime Valentine mais bon..., au théâtre Lepic. Photo Fabrice Robin.
J'aime Valentine mais bon..., au théâtre Lepic. Photo Fabrice Robin.

« J'aime Valentine mais bon… », de Rudy Milstein. Mise en scène par Mikael Chirinian. Avec Rudy Milstein (Idal), Agnès Miguras (Valentine) et Farid Bouzenad (Marc). Au théâtre LepicThéâtre Lepic, 1 avenue Junot, Paris-18e. M° Abbesses, Lamarck Caulaincourt ou Blanche. Du mercredi au dimanche à 21h. 28 €. Rés.: 01 42 54 15 12.. Jusqu'au 9 mars 2019. 100'.

Idal aime Valentine « mais bon… ». Tout est dans le ton des trois petits points et dans la déclinaison de ce « mais bon… » pour ce monologue où tentent de se faire une place les deux autres personnages, Valentine et Marc, et que l’auteur, Rudy Milstein, a écrit pour lui-même et lui seul.

Grand adolescent attardé à l’anglais fort approximatif, au lendemain des tout premiers attentats de 2015, Idal décide de partir se réfugier momentanément à New York jusqu’à ce que les choses se calment et va y retrouver Valentine, une copine de classe depuis la maternelle qu’il n’a jamais pu blairer, qui l’introduit néanmoins de bon cœur auprès de son compagnon, Marc, susceptible de l’embaucher dans son entreprise mais faute de pouvoir s’exprimer plus ou moins correctement dans la langue de Shakespeare, Idal n’aura pas le poste ni aucun autre poste là-bas et reviendra aussitôt reposer ses valises en France, à Paris.

À Paris où il va très vite retrouver et se mettre en couple avec Valentine, qui a entre-temps mis un terme à sa relation avec Marc et était, elle aussi, revenue à Paris, et, de même, Marc est à Paris, après la faillite de son entreprise new-yorkaise.

Tous les trois, de retour, dans la ville Lumière au sein d’un couple recomposé, ce monologue « J’aime Valentine mais bon… » est l’histoire et le vécu d’Idal qu’il se raconte à lui-même et aux autres qu’il n’entend pas toujours et qu’il n’écoute pas trop. Idal, éternel quasi insatisfait avec le cul entre deux chaises en permanence, se cherche encore et toujours et à défaut de parvenir à se trouver vraiment, va quand même bien finir par se poser pour moins souffrir et partager sa solitude.

Un texte tout en subtilité qui donne à réfléchir sur soi, les autres, nos envies et nos contradictions, pas toujours atteignables seul et encore plus difficilement à deux pour ces millions ou milliards d’antihéros.