Théâtre : La Louve, de Daniel Colas

La Louve, au théâtre La Bruyère. Photo Lot.
La Louve, au théâtre La Bruyère. Photo Lot.

« La Louve », une comédie en deux actes de et mis en scène par Daniel Colas. Avec Béatrice Agenin (Louise de Savoie, la louve), Gaël Giraudeau (François d'Angoulême, François Ier), Coralie Audret (Mary Tudor, la Reine Marie), Maud Baecker (Claude de France, la Reine Claude), Yvan Garouel (le bègue), Adrien Melin (Charles Brandon, duc de Suffolk) et Patrick Raynal (Louis XII). Au théâtre La BruyèreThéâtre La Bruyère, 5 rue de la Bruyère, Paris-9e. M° St Georges. Jusqu'au 6 novembre 2016. Du mardi au samedi à 21h, samedi à 16 et dimanche à 15h30. De 22 à 38 €. Rés.: 01 48 74 76 99.. Jusqu'au 6 novembre 2016. 135'.

Cousin et gendre de Louis XII (1462-1515) pour avoir épousé sa fille aînée Claude (1499-1524) grâce à la ténacité et aux multiples efforts déployés depuis deux décennies par sa mère, Louise de Savoie dite « La Louve », François d’Angoulême (1494-1547) est, à 20 ans, l’héritier présomptif du trône de France mais le tempérament fougueux et incontrôlable du jeune homme — conjugué à la beauté de la troisième épouse de son beau-père, Mary Tudor, et à la laideur de sa jeune épouse atteinte de claudication et de strabisme — ont bien failli, en engrossant sa belle-mère, mettre à néant les espoirs nourris par sa mère de longue date.

Fort « heureusement » et fort opportunément, Louis XII meurt le 1er janvier 1515 et la grossesse de la Reine Marie — par le duc de Suffolk ou par lui-même — n’est que pure affabulation. François d’Angoulême pourra ainsi, grâce à Dieu, succéder à son beau-père sous le nom de François 1er et, cerise sur le gâteau, la jeune Reine Claude mourra à 24 ans après lui avoir donné pas moins de 7 enfants en moins de 10 ans.

Il s’agit bien de faits réels relatés par le chroniqueur célèbre du XVIe siècle Pierre de Bourdeille (~1539-1614), dit Brantôme, dans ses « Vies des dames galantes » et dont Daniel Colas dit s’être largement inspiré pour écrire cette Louve qu’il met lui-même en scène.

La réalité dépasse souvent la fiction, a-t-on coutume de dire et effectivement ces intrigues et conspirations d’il y a cinq siècles ne sont en rien dépassées par les changements de régime qui se sont succédés depuis Marignan et nous donnent, au contraire, à penser que la course au pouvoir de nos contemporains n’a fait que décupler le comportement machiavélique dont certains font ou doivent faire preuve pour parvenir à leurs fins. Un accessit à Jean-Daniel Vuillermoz qui signe les costumes.