Théâtre : À la maison

À la maison, au théâtre le Guichet Montparnasse.
À la maison, au théâtre le Guichet Montparnasse.

« À la maison », de Alain Lahaye. Mise en scène par Cedrick Lanoë. Avec Denise Aron-Schröpfer (Lucienne). Au théâtre le Guichet MontparnasseThéâtre le Guichet Montparnasse, 15 rue du Maine, Paris-14e. M° Montparnasse-Bienvenue. Les jeudis à 20h45. 20 €. Rés.: 01 43 27 88 61.. Jusqu'au 21 juin 2018. 65'.

Des bribes d’histoires vraies de personnes âgées placées en EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), de leur plus ou moins bon gré, en les ponctionnant de la totalité de leur retraite et de leurs biens mais sans toutefois aucun « service ni personnel » en contrepartie, Denise Aron-Schröpfer dit en avoir recueillies des tas et des tas avec Alain Lahaye qu’ils ont fort bien synthétisées dans ce seul en scène, émouvant et touchant à la fois de sensibilité et de sincérité.

À la maison donc, Lucienne, 70 ans environ, n’y est plus depuis quelques temps déjà. Son mari, Salvatore, un bel Apollon Sicilien avec qui elle a vécu pendant plus de 35 ans, est mort depuis une dizaine d’années. Bien qu’encore fort coquette et encore assez autonome et indépendante, il lui arrive de faire des chutes et Lucienne a donc été placée en EHPAD et ses 3 000 euros de retraite mensuelle, gérés par une tutrice qui a 10 ans de plus qu’elle, y suffisent à peine.

Entrée d'un pied assuré par le devant de la scène, elle tombe d’ailleurs tout aussitôt de son long et ses nombreux appels et cris pour qu’on vienne l’aider à se relever ne font venir ni bouger personne et en désespoir de cause, elle insiste une fois, deux fois, trois fois, en direction du public et c’est une personne assise au premier rang — complice ou non ? — qui se dirigera vers elle pour l’aider à se relever.

De même, après nous avoir narré tous les heurs et malheurs de cette gentille dame au crépuscule de sa vie et nous avoir arraché une larme de-ci de-là, Lucienne sort de son sac une bouteille de vin rouge et un verre ballon et se sert avant d’offrir un verre à celui-là même qui l’avait aidé à se relever et demandant au public « en voulez-vous ? », elle va, sans attendre la réponse, chercher des verres en plastique empilés pour en offrir aussi à tous les spectateurs. Un spectacle collaboratif qui fait chaud et froid au cœur. Courez-y, il ne reste plus que deux soirées, jeudi 14 et jeudi 21.