Théâtre : La voix humaine, de Jean Cocteau

La voix humaine, au théâtre de la Contrescarpe. Photo Steve Faigenbaum.
La voix humaine, au théâtre de la Contrescarpe. Photo Steve Faigenbaum.

« La voix humaine » (1930), de Jean Cocteau. Mise en scène par Charles Gonzalès. Avec Yannick Rocher. Au théâtre de la ContrescarpeThéâtre de la Contrescarpe, 5 rue Blainville, Paris-5e. M° Place Monge. Les lundis et mardis à 19h30. 12 € à 26 €. Rés.: 01 42 01 81 88.. Jusqu'au 27 mars 2018. 70'.

Créée à la Comédie Française en 1930 par la comédienne belge Berthe Bovy, la Voix humaine est une pièce écrite par Jean Cocteau (1889-1963). Un monologue dramatique. Seule dans sa chambre, une femme d’une quarantaine d’années reçoit un appel téléphonique de son amant avec qui elle a partagé les cinq dernières années. Il va épouser une autre femme le lendemain, lui causant un profond désespoir et la plongeant dans une dépression nerveuse qu’elle tente de lui dissimuler.

Outre de très nombreuses adaptations à la scène de plus ou moins bonne ou mauvaise facture, le texte constitue la première partie (Una voce umana) du film L’Amore (1948) de Roberto Rossellini avec Anna Magnani. Un petit bijou à savourer sans modération. Une version télévisée en 1967 où excelle Ingrid Bergman est due à Ted Kotcheff et Robin Rimbaud en a produit une version radiophonique en 1998 pour la BBC. Francis Poulenc, quant à lui, en fit une tragédie lyrique dès 1959 et elle est actuellement à l’affiche, jusqu’au 11 avril, à l’opéra Garnier.

Cette énième adaptation théâtrale mise en scène par Charles Gonzalès nous donne à voir une Yannick Rocher, perchée sur un tabouret, habillée en costume noir cravate, pieds nus orteils vernis rouge, un casque radio sur la tête, déclamant d’un ton monocorde près de la moitié du texte sans la moindre émotion. Une mise en scène « déroutante », comme le reconnait Gonzalès lui-même, qui ne fait pas mouche.

Est-ce une comédienne qui enregistre la Voix humaine pour la radio et qui est emportée par le texte ou un homme ou Cocteau lui-même, se demande la directrice du théâtre de la Contrescarpe Maud Mazur qui nous dit que « sans emphase, ni débordement, dans un "émotionnellement correct" si contemporain, Yannick Rocher nous entraîne dans le dédale sentimental d’une passion dévorante pour un être qui est désormais insaisissable. Un être responsable de bonheur et de souffrance… Entre dépendance totale et satisfaction absolue, cet amour rend fou lorsque l’autre nous quitte ».