Théâtre : L'avare de Molière, revisité par Frédérique Lazarini

L'Avare, au théâtre 14. Photo Lot.
L'Avare, au théâtre 14. Photo Lot.

« L'avare » (1668), de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673). Mise en scène par Frédérique Lazarini. Avec Emmanuel Dechartre (Harpagon), Michel Baladi (Maître Jacques), Guillaume Bienvenu (Valère), Cédric Colas (Cléante), Jean-Jacques Cordival (Dame Claude, le commissaire, Maître Simon), Charlotte Durand-Raucher (Elise), Denis Laustriat (Anselme, Brindavoine), Frédérique Lazarini (Frosine), Didier Lesour (la flèche) et Katia Miran (Marianne). Au théâtre 14Théâtre 14, 20 avenue Marc Sangnier, Paris 14e. M° Porte de Vanves. Lundi, mercredi et jeudi à 19h, mardi et vendredi à 20h30 et samedi à 16h. 25 €. Rés.: 01 45 45 49 77. . Jusqu'au 31 décembre 2017. 115'.

Une des dix œuvres majeures de Molière parmi la trentaine de pièces de théâtre que le génie littéraire a écrites en une quinzaine d’années, l’intrigue de l’Avare se déroule à Paris où un riche commerçant quinquagénaire avaricieux, Harpagon, qui a excellemment bien réussi a, au fil des années, beaucoup amassé et très peu dépensé jusqu’à se constituer un magot fort appréciable de 10 000 écus d’or, l’équivalent de nos jours d’environ 20 millions d’euros, qu’il a mis dans une cassette dissimulée dans son jardin.

Père de deux enfants, Élise et Cléante, il veut marier la première sans apport de dot à un riche vieillard, Anselme, alors qu’elle en pince pour un gentilhomme napolitain qui s’est mis à son service en qualité d’intendant pour se rapprocher de sa belle et le second — oui, Cléante est un prénom masculin — est destiné à une non moins fortunée veuve alors qu’il convoite une jeune et jolie femme sans fortune que son avare de père veut lui-même épouser. Comme souvent chez Molière, à l’instar des séries américaines, tout se terminera bien pour le plus grand bonheur de tous.

Classique parmi les classiques, il s’agit sans doute de l’un des textes les plus filmés pour le cinéma (notamment par Georges Méliès en 1908, Louis de Funès en 1980 ou Tonino Cervi en 1990) ou la télévision (René Lucot en 1973 ou plus récemment Christian de Chalonge en 2006 avec Michel Serrault dans le rôle-titre) et les plus joués au théâtre (Charles Dullin, Jean Vilar, Louis de Funès, Michel Aumont, Michel Serrault, Michel Bouquet,… pour n’en citer que quelques-uns parmi les plus grands) au cours des 100 dernières années, cette dernière version en date semble en fait être un cadeau de Frédérique Lazarini au directeur du Théâtre 14, Emmanuel Dechartre, qui, avec ses manières et son petit bouc, est un Harpagon de très bonne facture et tout-à-fait convaincant.