Théâtre : Le fils, de Florian Zeller

Le fils, de Florian Zeller, à la Comédie des Champs-Élysées. Photo Lisa Lesourd.
Le fils, de Florian Zeller, à la Comédie des Champs-Élysées. Photo Lisa Lesourd.

« Le fils », de Florian Zeller. Mise en scène par Ladislas Chollat. Avec Yvan Attal (Pierre), Anne Consigny (Anne), Élodie Navarre (Sofia), Rod Paradot (Nicolas), Jean-Philippe Puymartin (le directeur de l'hôpital) et Raphaël Magnabosco (un infirmier). À la Comédie des Champs-ElyséesComédie des Champs-Élysées, 15 avenue Montaigne, Paris 8e. M° Alma-Marceau et Franklin Roosevelt. Du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 16h. De 20 à 53 €. Rés.: 01 53 23 99 19.. Jusqu'au 14 juillet 2018. 120'.

Dernier maillon d’une trilogie débutée en 2010 avec La Mère et Le Père en 2012, Le Fils de Florian Zeller — les personnages des trois pièces n’ont toutefois aucun lien de parenté entre eux — tourne autour d’une de ces histoires courantes les plus banales, comme il en existe par millions. Un adolescent aime autant sa mère que son père et ne veut pas d’une séparation qui lui a enlevé le goût et l’amour de vivre.

Les parents, Anne et Pierre, ont en effet divorcé il y a quelques années déjà et la résidence du fils, Nicolas, a été fixée chez la mère qui se laisse vivoter avec ce fils qui lui échappe un peu plus chaque jour pendant que le père, lui, un illustre avocat de renom sur le point de se lancer en politique, a refait sa vie avec une autre, Sofia, qui vient de lui donner un autre fils.

Nicolas, 17 ans, qui n’a donc pas accepté la séparation de ses parents et se pose moult questions existentielles, est mal partout et bien nulle part. Il ne va plus au lycée depuis près de trois mois et l’existence, la vie même, lui pèse de plus en plus lourdement et finit par quémander à son père de le prendre avec lui mais le bonheur de ces retrouvailles et de ce nouveau foyer sera de très courte durée, le père étant imperméable à la douleur et à la souffrance de son fils qui finit par déchanter très vite et sécher les cours autant qu’avant.

Très vite, Nicolas, qui n’aspire dans son for intérieur — sans parvenir à l’extérioriser — qu’à une réconciliation de ses parents dans un foyer où ils seraient, à nouveau, réunis tous les trois « comme avant », n’est guère mieux avec son père qu’il ne l’était avec sa mère et il en veut peut-être même davantage au premier qu’à la seconde lorsqu’au cours d’une bagarre, il lui lâche que c’est un « salaud » — comprenez d’être parti pour une autre femme et de l’avoir laissé seul avec sa mère — et qu’il veut s’en retourner chez sa mère où la situation n’était ni mieux ni pire mais au moins il n’y avait ni cette autre femme ni cet autre frère.

C'est poignant, juste et magistralement interprété, on ne parvient pas à retenir quelques larmes à plusieurs reprises. Des décors magiques et une mise en scène quasi cinématographique.