Théâtre : Localement agité

Localement agité, au thâtre de Paris. Photo Céline Nieszawer.
Localement agité, au thâtre de Paris. Photo Céline Nieszawer.

« Localement agité », d'Arnaud Bedouet. Mise en scène par Hervé Icovic. Avec Lisa Martino (Jeanne), Nicolas Vaude (Pierre), Thierry Frémont (Clément), Anne Loiret (Marie), Arnaud Bedouet (Yves) et Guillaume Pottier (Boris). Au théâtre de Paris, salle RéjaneThéâtre de Paris, 15 rue Blanche, Paris-9e. Metro Trinité d’Estienne d’Orves, Blanche, Saint-Lazare, Liège ou Chaussée d’Antin. Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 17h et le dimanche à 15h. De 30 à 43 €. Rés.: 01 42 80 01 81.. Jusqu'au 17 mars 2019. 100'.

Après l’échec d’une première tentative quatre ans plus tôt, quatre frères et une sœur se retrouvent à nouveau, le 29 février suivant, dans la maison familiale située sur la côte bretonne et occupée par l’un d’eux, Yves, pour la dispersion des cendres de leur père qui nécessitent un vent de sud-est « localement agité » pour être transportées et diffusées au large.

Pour cette fratrie aussi semblable génétiquement que dissemblable socialement, la réunion — à laquelle est également conviée une ex-belle sœur et à laquelle le vent reste imperturbablement sourd et ne semble guère vouloir prendre part —, destinée à accomplir ensemble la dernière volonté ou le dernier caprice du pater familias, vire au cauchemar et va être l’occasion, pour les six protagonistes qui s’aiment et s’apprécient autant qu’ils se détestent, de rester bien ancrés sur leurs certitudes respectives et de raviver leurs rancœurs enfouies pour faire jaillir la « vérité ». Un exercice auquel les uns et les autres, comme tout un chacun, excellent d’autant que le père se révèle être un manipulateur hors pair, un être bien différent de l’homme droit et intègre qu’ils en avaient plus ou moins gardé.

À travers ces six personnages et ce huis clos, l’auteur, Arnaud Bedouet, dit vouloir « décrire la frayeur d’avoir à se resituer, à assumer ou à renier l’image paternelle, observer la chute des masques et des non-dits que toute fratrie véhicule » et la difficulté qu’il y a « à renaître et à appréhender le monde sans l’ombre écrasante » du père. Le résultat est au rendez-vous.