Théâtre : Madame Marguerite, avec Stéphanie Bataille

Madame Marguerite, au théâtre de Poche Montparnasse. Photo DR.
Madame Marguerite, au théâtre de Poche Montparnasse. Photo DR.

« Madame Marguerite » (1974), d'après le texte de Robert Athayde (Apereceu a Margarida, Editora Brasilia, 1973), traduit du brésilien en français par l'auteur lui-même. Mise en scène par Anne Bouvier. Avec Stéphanie Bataille (Mme Marguerite). Au théâtre de Poche MontparnasseThéâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, Paris-6e. M° Montparnasse Bienvenüe. Du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 17h30. 19 €. Rés.: 01 45 44 50 21.. Jusqu'au 20 mai 2018. 75'.

Pour ceux qui découvreront Madame Marguerite — s’il y en a —, vous pensiez aller vous détendre au théâtre et vous vous retrouvez devant un tableau noir d’école avec une semi-fêlée voire trois-quarts qui tient absolument à vous donner l’impression de tout savoir sur tout et de tout connaître sur tous et vous assène ainsi pendant plus d’une heure ses quatre vérités vraies à tue-tête en étant persuadée de sa supériorité et, surtout, de son pouvoir sur tous ces morveux ignorants et incultes que vous êtes et dont toute l’éducation lato sensu reste à faire.

Madame Marguerite, rustre à l’extérieur et épicurienne à l’intérieur, est en effet institutrice en classe de septième et elle vous dispense son cours ayant trait principalement à la biologie qu’elle vous résume simplement comme étant ce qu’il y a eu avant, ce qu’il y a maintenant et ce qu’il y aura à la fin, c’est-à-dire respectivement la naissance, l’adolescence et la mort à laquelle personne — même pas elle — ne peut échapper quoi que l’on fasse car s’il y a bien une certitude, en ce bas monde, c’est bien que nous allons tous mourir.

Cela dit, au détour de ces élucubrations, Madame Marguerite — qui ne parvient pas à se contrôler totalement à plusieurs reprises, physiquement ou moralement, au cours de ces quelque soixante minutes — révèle volontairement ou non un peu d’elle-même et on apprend ainsi qu’à l’âge de 7 ans, alors qu’elle n’avait strictement et absolument rien fait, assure-t-elle, Madame Marguerite a été punie. Oui, Madame Marguerite a été punie et non pas parce que Madame Marguerite avait fait quelque chose de mal mais, non, juste « de la faute d’une petite salope, une petite pute » qui se prénommait comme elle, Marguerite, et qui avait chanté ce qu’il ne fallait pas au moment où il ne fallait pas.

Créée en 1974 par Annie Girardot qui immortalisera cette institutrice pendant près de trois décennies, cette nouvelle incarnation de Madame Marguerite, sous les traits de Stéphanie Bataille et mise en scène par Anne Bouvier, est plus proche, selon l’auteur, Roberto Athayde, « de l’originale, plus drôle qu’amusante, plus tragique que militante… bref sauvage, telle qu’elle est sortie de [sa] tête lorsqu[‘il écrivit le] texte en 1970 ».