Théâtre : Misery, de Stephen King

Misery, au théâtre Hébertot. Photo Nathalie Sternalsky.
Misery, au théâtre Hébertot. Photo Nathalie Sternalsky.

« Misery », de William Goldman, d’après le roman éponyme (Viking, New York, 1987 ; trad. française de William Olivier Desmond, Albin Michel, Paris, 1989) de Stephen King. Adaptation française de Viktor Lazlo. Mise en scène par Daniel Benoin. Avec Myriam Boyer (Anne Wilkes) et Francis Lombrail (Paul Sheldon). Au théâtre HébertotThéâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, Paris-17e. M° Villiers ou Rome. Du mardi au samedi à 21H et le dimanche à 15h. De 15 à 55 €. Rés.: 01 43 87 23 23.. Jusqu'au 6 janvier 2019. 80'.

Annie Wilkes, une fervente admiratrice psychopathe d’un grand écrivain américain à succès, Paul Sheldon, et infirmière de son état, sauve son héros d’un très grave accident de voiture lors d’une tempête de neige et l’emmène chez elle pour le soigner. Pendant qu’elle soigne Paul, les deux jambes en piteux état, inconscient et entre la vie et la mort pendant plusieurs jours, Annie subit coup sur coup une double déception.

Dans le neuvième et dernier tome de la série Misery intitulé « L’enfant de Misery », Annie, « ni lente ni stupide », dit-elle d’elle-même, réalise, impuissante, que son héroïne préférée, Misery Chastain, meurt à la fin du roman. Et, une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, le nouveau manuscrit sur lequel travaille son écrivain adoré n’est qu’un vulgaire ramassis de violences en tous genres et de grossièretés de bas étage qu’elle ne peut certainement pas accepter, ce qui va la conduire à le « punir » en le privant de nourriture, de médicaments et de soins pendant deux jours.

À son retour, pétri de douleur, assoiffé et affamé, Annie sait bien qu’elle le tient à sa merci et va le forcer à brûler le manuscrit de son dernier roman et à ressusciter son héroïne favorite dans un nouvel ouvrage des aventures de Misery intitulé « Le retour de Misery ».

Paul se met à l’ouvrage à contre-cœur et comprend parfaitement que ses ennuis ne font bien évidemment que commencer. Annie est, elle, on ne peut plus heureuse, Misery est, de nouveau, « vivante » pour toujours. Un huis-clos mettant face à face une lectrice schizophrène au géniteur de son héroïne préférée qu’elle ne veut pas voir mourir et qui va tourner au drame.

Myriam Boyer réalise une performance exceptionnelle et Francis Lombrail n’est pas en reste dans ces deux magnifiques rôles de composition où ni l’un ni l’autre n’est dupe de ce qui l’attend dès que le retour de Misery sera consommé.