Théâtre : Poisson et petits pois ! (Martha, Marina)

Poisson et petits pois !, au théâtre le Funambule. Photo Franz Laimé.
Poisson et petits pois !, au théâtre le Funambule. Photo Franz Laimé.

« Poisson et petits pois ! » (2015), d'après la pièce « Martha, Marina » (2004) d'Ana-Maria Bamberger. Traduction française de Philippe Ladet et Ana-Maria Bamberger. Adaptation de Slimane Kacioui. Mise en scène par Slimane Kacioui et Aliocha Itovich. Avec Marie-Hélène Lentini (la mère) et Dorothée Martinet (la fille). Au théâtre le FunambuleThéâtre le Funambule, 53 rue des Saules, Paris-18e. M° Lamarck Caulaincourt. Du mercredi au vendredi à 19h30 ou 21h (en alternance) et le dimanche à 16h. De 10 € à 28 €. Rés.: 01 42 23 88 83.. Jusqu'au 20 janvier 2019. 65'.

Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets néfastes, des erreurs involontaires ou non peuvent se transmettre de génération en génération sans que l’on y prenne garde et détruire ainsi une vie après l’autre. C’est ce thème délicat qu’a choisi Ana-Maria Bamberger pour ce texte « Martha, Marina », dont la première création remonte à octobre 2004 en Roumanie, au Teatrum Mundi de Bucarest, rebaptisé sans grande nécessité impérieuse « Poisson et petits pois ! » lors de sa création en France en 2015.

Martha, la mère, quinquagénaire, est immobilisée dans son appartement pendant plusieurs semaines à cause d’une mauvaise entorse et sa fille, Marina, trentenaire, passe la voir tous les deux ou trois jours pour vérifier qu’elle ne manque de rien et lui remplir les armoires et le réfrigérateur de conserves et produits frais, notamment une boîte de hareng et une boîte de petits pois qui sont sans doute à l'origine du titre de la pièce en français.

Au cours de ces visites régulières et répétitives, relativement brèves et assez pénibles où se mêlent tendresse, maladresse et une pointe de pudeur inavouable de part et d’autre, on va, petit à petit, découvrir que la fille est en train de vivre, ou plutôt subir, ce que la mère a vécu et subi naguère et que cette dernière essaie de lui ouvrir les yeux sans avoir l’air de trop y toucher.

Des dialogues tout en finesse sur un champ de mines qui vont porter la mère aux anges lorsqu’elle réalisera que sa fille a compris et que la transmission de l’infortune à la génération suivante n’aura pas lieu.