Livres : L'avocat face à l'intelligence artificielle

L'avocat face à l'intelligence artificielle

Avocat et intelligence artificielle, deux notions d’apparence antinomiques appelées de plus en plus à coexister et à collaborer au quotidien pour des tâches subalternes et répétitives mais quelles que puissent être les prouesses actuelles ou à venir de la science et des machines, robots et autres logiciels ou progiciels dits intelligents, les fonctions ancestrales nobles de l’avocat, tels que le conseil sur mesure distillé à prix d’or après un minutieux examen des faits rapportés à la règle de droit et la plaidoirie majestueusement théâtrale ou semi-silencieuse, resteront toujours inaccessibles à l’intelligence artificielle, aussi intelligente puisse-t-elle devenir au cours des prochaines décennies ou siècles.

C’est à peu près, grosso modo, la position développée dans cet ouvrage l’Avocat face à l’intelligence artificielleL’avocat face à l’intelligence artificielle, Bernard Hawadier, préface de Jean Villacèque, Librinova, Paris, 334 p., avril 2018, 16,90 €., publié à compte d’auteur par Bernard Hawadier, qui sévit au barreau de Draguignan depuis une quarantaine d’années et qui a voulu, croit savoir le bâtonnier Jean Villacèque qui en signe la préface quasi publicitaire, « réfléchir sur l’évolution de sa profession, au regard des nouvelles technologies » et le qualifiant d’ « impressionnant de qualité » et qui « pourrait être une thèse puisqu’il est approfondissement et démonstration ».

Pourtant l’intelligence artificielle, dont use et abuse Bernard Hawadier en publiant cette « impressionnante quasi thèse » sur la plateforme Librinova pour trois francs six sous, a ses limites et on en veut pour preuve cette petite coquille en page de garde que le « correcteur » automatique — à l’instar de ce qui aurait pu arriver à un bon nombre de correcteurs non professionnels d’ailleurs — n’a pas décelé car il ne maîtrise pas ou mal toutes les règles grammaticales et notamment celle portant sur la différence entre « quel que », « quelque » et « quelques ».

Dépenser trois francs six sous pour ce qui en vaut davantage, disait ma défunte mère, et vous en aurez toujours que pour trois francs six sous. Si c’est gratuit ou bon marché, disait-elle toujours, c’est qu’il y a anguille sous roche. Cela pour dire que l’avocat, le vrai, le bon, doté d’une intelligence naturelle unique et bien supérieure, — aussi bien que le correcteur d’ailleurs — a encore un bel avenir devant lui quels que soient les développements futurs qui aboutiront, n’en doutons pas, à une intelligence artificielle encore et toujours plus performante et aboutie.