Livres : Le Renseignement. Histoires, méthodes et organisation des services secrets

Le renseignement, de Christophe Soullez.

Le renseignement fascine autant qu’il intrigue et la plupart d’entre nous n’en savent guère plus que ce qu’ils ont vu dans les films de James Bond ou dans les romans de son altesse sérénissime le prince Malko Linge. Cet ouvrage sur « le Renseignement » avec pour sous-titre « Histoire, méthodes et organisation des services secrets » va donc sans doute combler bien des lacunes de certains.

L’auteur, Christophe Soullez, spécialiste de la question pour avoir été chef de l’observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, brosse dans cet ouvrageLe Renseignement. Histoire, méthodes et organisation des services secrets, Christophe Soullez, Eyrolles, Paris, coll. « Eyrolles Pratique / Histoire », sept. 2017, 176 p., 10 €. un tableau large en partant de ses balbutiements historiques sous l’Antiquité jusqu’à son organisation actuelle protéiforme, militaire et intérieur, avec ses sous-directions et ses services directement rattachés ou non qui nécessitent et mobilisent… plusieurs unités de coordination.

Vous apprendrez entres autres qu’une fiche « S », abréviation pour « sûreté de l’État », est une fiche signalétique issue du fichier des personnes recherchées (FPR) créé en 1969 et comportant plus de 400 000 noms (mineurs en fugue, évadés de prison, membres du grand banditisme, personnes interdites par la justice de quitter le territoire, militants politiques). Elle comprend l’état civil, le signalement, la photographie, les motifs de recherche, la conduite à tenir en cas de découverte et quelques autres détails. Elle est utilisée pour « procéder à la surveillance de ceux sur lesquels ne repose aucune incrimination pénale, mais qui peuvent, par leur activité, représenter à un moment ou à un autre un risque de trouble à l’ordre public ou une atteinte à la sûreté de l’État » mais elle ne correspond pas à un niveau de dangerosité et n’entraîne aucune action automatique de coercition à l’encontre de la personne qui ne fait pas l’objet d’une surveillance active mais elle a été, durant un temps, soupçonnée de vouloir attenter aux intérêts de l’État. Il y aurait 20 000 « fichés S » dont près de 10 500 pour lien avec la mouvance islamiste.

À lire par curiosité ou pour votre culture générale ! La matière ayant été codifiée par la loi n° 2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement, au livre VIII du code de la sécurité intérieure, et l'article L. 811-2 définit les missions des services de renseignement, il s'agit de « la recherche, la collecte, l'exploitation, et la mise à disposition du gouvernement des renseignements relatifs aux enjeux géopolitiques et stratégiques ainsi qu'aux menaces et aux risques susceptibles d'affecter la vie de la Nation [...] Ils contribuent à la connaissance et à l'anticipation de ces enjeux ainsi qu'à la prévention et à l'entrave de ces risques et menaces. »